Un projet participatif.
Le troisième élément décisif, et peut-être le plus important, a été l'implication des collaborateurs dans le projet. « Nous voulions exploiter la transformation pour rendre le quotidien des collaboratrices et des collaborateurs vraiment plus agréable », explique Aldric Pavec, Head of Process Engineering. « Ils connaissent le processus d'assemblage sur le bout des doigts. Il paraissait donc essentiel à nos yeux qu'ils soient totalement impliqués dans le projet. »
Cela explique pourquoi seuls quelques consultants externes ont été mandatés pour accompagner le projet. L'équipe de base était composée de 50 collaborateurs, dont des ingénieurs, des opérateurs sur chaîne et des apprentis. Les services Contrôle de gestion, Ressources humaines, Achats, Logistique et R&D y étaient également représentés.
Les collaborateurs ont eu voix au chapitre dans toutes les phases du projet, jusqu'à choisir le nom-même du projet : « CLAAS Forth ». Une fois par semaine, un « forum CLAAS Forth » était organisé au Mans. Ouvert à toutes et tous, il servait à informer le personnel des évolutions et des motifs de ces changements. Enfin, les collaborateurs ont été formés régulièrement afin de savoir comment mettre en œuvre les nouvelles structures.
Il m'est arrivé souvent de voir les opérateurs faire des selfies dans l'usine.
De multiples éléments du concept industrie 4.0.
Comme le confirme Romane Niepceron, l'implication des collaborateurs a été payante. Elle est responsable du remplissage des chariots qui viennent se coller aux convoyeurs par voie magnétique et permettent d'amener sur la ligne les vis et autres petites pièces nécessaires à l'assemblage de chacun des tracteurs.
Autrefois, Romane Niepceron avait besoin d'une longue liste pour sélectionner les pièces à déposer dans le chariot. Aujourd'hui, elle les trouve en scannant les codes-barres avec ses gants sur les rayonnages. Si une lampe s'allume sur l'un des compartiments, elle sait qu'elle trouvera là la pièce ou l'élément qu'elle doit déposer dans le chariot pour l'assemblage de la machine.
Ce système n'est qu'un des innombrables éléments du concept industrie 4.0 intégrés dans la conception de l'usine moderne. Des outils connectés aident les collaborateurs à exécuter des tâches multiples telles que la réception des commandes ou les contrôles par listes. Le système de rayonnages gigantesque a été remplacé par un magasin de petites pièces automatisé peu encombrant.
Les assistants numériques ont démontré leur utilité. Le nombre de cas où une erreur d'assemblage mineure doit être corrigée lors des étapes suivantes du processus de production a diminué substantiellement : de 200 à moins d'une par jour. Et ce, pour des milliers de pièces utilisées chaque jour sur les chaînes d'assemblage du Mans.
L'équipement technique du site a également séduit l'État français qui lui a décerné le label « Vitrine Industrie Du Futur ».